1 500 000 habitants
altitude: 0 à 65 m
température moyenne en hiver: 12-18°
température moyenne en été: 20-25°
Pluviomètrie: 500mm,climat plutôt humide,favorable aux asthmatiques
littoral atlantique
A 278 km au sud-ouest de Tanger
Rabat est le capitale politique du pays.Son style,comme son ambiance,est bien distinct de celui de CASABLANCA (à 90km), capitale économique.Elle constitue un havre plutôt paisible dote d'un cachet particulier,plein de charme.Deuxième ville du MAROC par le nombre d'habitants,RABAT englobe dans son agglomération sa petite voisine (jadis soeur jumelle)Salé.
Sans revêtir l'importance de CASABLANCA,l'activité économique de la ville connait un dynamisme croissant auquel contribuent l'artisanat (tapis,textiles,etc...) et le développement touristique.Par son statut de capitale que le général LYAUTEY lui conféra,cette cité aux racines traditionnelles a su s'adapter facilement à l'air du temps.Rien n'y est éxagéré: le climat est doux,été comme hiver (le printemps est la meilleure saison),les vestiges bien entretenus y côtoient harmonieusement les constructions des différentes époques qui n'ont heureusement été bâties ni dans l'anarchie,ni dans la mégalomanie.L'artère principale de la ville moderne est l'AVENUE MOHAMMED V autour de laquelle sont organisées les administrations,la gare,la poste principale,la cathédrale ST PIERRE (1921) et la grande mosquée.Parmi les habitants souvent européanisés,nombreux sont ceux qui,après une journée stressante de travail,dès le seuil de la maison franchi,rangent l'attaché-case,le costume-cravate,délaissent les journaux"Le Monde", "L'Expansion"...pour revêtir djeballa, babouches, savourer le thé à la menthe et la détente en famille,ou encore pour la promenade oisive le long des avenues fleuries, avant le dîner.
FESTIVAL D'ETE DES ORANGES en mai-juin,CHAMPIONNAT INTERNATIONAL DE GOLF en mars,MOUSSEM DE DAR ZHIROU en août,FESTIVAL DU THEATRE ARABE en septembre,FESTIVAL D'AUTOMNE en novembre-décembre.
Le tombeau du Saint-grand Rabbin RABBI CHALOM ZAOUI est un lieu de pèlerinage pour les juifs.
HISTOIRE:
Les nombreuses découvertes archéoliques de CHELLAH attestent de l'occupation deslieux par différentes civilisation.Les PHENICIENS (1500 av. J.C),les CARTHAGINOIS,les ROMAINS y firent escale dans l'une de leurs bases portuaires avancées.L'OUED BOU REGREB (fleuve) appelé SALA du nom de la ville antique et romaine " SALA COLONIA "qu'il arrosait,avant d'être déformé en CHELLAH.C'est sur sa rive gauche que fit l'édification de SALE (vers le Xé s.) et d'un couvent fortifié " RIBAT " (d'où l'origine de RABAT) par les berbères Zénètes sur les hauteurs de la rive droite;là où se trouve actuellement la casbah des Oudaîa;tenu par des moines soldats en guerre contre les hérétiques kharijites.Le sultan almohade ABD EL MOUMEN qui,après avoir conquis FES,régna à MARRAKECH,convoitait la situation stratégique de SALE et de son RIBAT.Il en fit une place forte pour ses campagnes en ESPAGNE et lui octroya une kasbah,un palais et une mosquée.Son petit fils,YACOUB EL MANSOUR,dont l'empire s'étendait dela Péninsule ibérique à la Tunisie,après sa victoire sur les espagnols chrétiens,rêvait d'en faire une capitale qui eût rivalisé avec les splendeurs de Séville et de Marrakech.Il la fit protéger par une grande enceinte de 5km percée de magnifiques portes.Mais il mourrut en 1199,laissant inachevée une mosquée dont il subsiste la célèbre et imposant TOUR HASSAN,qui mesure 44m au lieu de 80 prèvus.
RIBAT EL FATH " Camp de la Victoire" périclita progressivement,malgrés la construction de la mosquée,de la zaouïa (centre d'une confrérie de mystiques musulmans) et de la nécropole de CHELLAHpar les Mérinides qui préférèrent finalement s'établir à FES.Au XVIè siècle,seule la kasbah était habitée,comme l'atteste LEON L'AFRICAIN (El Wassan) qui la visita avant d'être plus tard capturé et converti au christianisme par le pape LEON X.
De nombreux réfugiés musulmans et juis andalous furent chassés d'ESPAGNE par le décret de PHILIPPE II (1609).Certains s'installèrent au sud de la kasbah,à l'emplacement de l'actuelle médina,appelée Salé le Neuf,en opposition à Salé le Vieux qu'ils protègent par une muraille dite "des Andalous".
Une République Indépendante des Deux Rives du BOU REGREG naquit alors,présidée par un caïd élu pour un an,et les exilés andalous assoiffés de vengeance contre les rois chrétiens d'Espagne,orientèrent leur petit Etat vers ce qui devint sa lucrative spécialité: le piratage.Forbans,brigands,et mercenaires chrétiens la rejoignirent ensuite.Curieusement un pirate hollandais, JAN JANSSEN,connu sous le nom de MOURAT RAÏS,fut un temps leur chef.Après avoir semé la terreur contre les Hispaniques,les corsaires de SALE terrorisèrent rapidement toutes les côtes d'atlantique (jusqu'en mer d'Islande) et de la méditerranée,sans jamais être inquiétés par les vaisseaux européens,qui ne parvinrent jamais à pénétrer dans la cité, ni à détruire le port et les cités fotifiés.En fin de compte,les européens préférèrent négocier et commercer avec les ennemis,en leur vendant des armes.La FRANCE y envoya son premier consul en 1626.SALE-RABAT fut annexé à partir de 1666 par les Alaouites qui y déléguèrent des gouverneurs,laissant une certaine autonomie au caïd;mais c'est en 1829 que cessa définitivement la redoutable activité de piraterie.Le sultan MOHAMMED BEN ABDALLAH,dont les régne commença en 1757,songea bien un temps de faire de RABAT sa capitale impériale en y construisant un palais royal;en définitive,la ville servit à ses successeurs d'étape idéale entre FES et MARRAKECH. En 1912,lorsque les conflits donnèrent prétexte à l'intervention de la FRANCEafin de "pacifier" le MAROC,un traité de protectorat fut signé à FES,alors la capitale et ville Sainte,qui pour les autorités se révelait difficilement maîtrisable,du fait des hostilités des tribus berbères.Aussi le sultan MOULAY YOUSSEF,sous l'impulsion du général français LYAUTEY,alors nommé résident général,fit transformer la capitale administrative du Maroc à RABAT,ville prometteuse et surtout plus facilement contrôlable.Il s'installa donc dans le Palais Royal,élevé en 1864 sur les ruines de celui du sultan BEN ABDALLAH.
Du fait de la croissance économique autour des activités portuaires de CASABLANCA, RABAT, dont le port était peu profond,n'attira guère les grandes industries,ce qui préserva le site. Avec le concours d'un architecte français,la ville moderne s'orna de monuments,de jardins et d'ensembles harmonieux.Elle se développa sur les terrains vagues ou cultivés situés entre le PALAIS ROYAL et la MEDINA, en respectant la tradition et les régles de l'urbanisme.SALE,la ville rivale sur l'autre rive du fleuve,devenue un appendice,fait à présent partie de son agglomération.En 1955,près de 50 000 français réprésentaient près d'un tiers des habitants de la ville.Après l'INDEPENDANCE en 1956, MOHAMMED V décidé de confirmer RABAT dans son statut privilégié de capitale chérifienne.Sous le régne de HASSAN II,la métropople RABAT-SALE, "ville des deux rives",connut un boom immobilier impressionnant avec villas et immeubles de haut standing formant aujourd'hui de nouveaux quartiers vers le sud.
Visite de RABAT:
LA MEDINA: La grande avenue HASSAN II longe la MURAILLE DES ANADLOUS (XVIIè) qui sépare la ville ville moderne de la MEDINA.Ce sont en effet les éxilés d'Espagne qui le construisièrent à en remplacement des ruines de l'ancien couvetn fortifié,en agrandissant le surface habitable.On peut accèder à la vieille ville par BAB EL HAD "porte du marché du dimanche" ou par la rue MOHAMMED V (à ne pas confondre avec l'avenue),juste après le marché couvert à gauche.Elle croise la rue SOUIKA très animée avec ses magasins,ses restaurants,ses échoppes et ses étalages sauvages d'articles divers.Dans son prolongement,on accède à la GRANDE MOSQUEE,fondée par les Mérénides sur SOUK ES SABAT (marché aux chaussures) avec ses maroquiniers,ses marchands de textiles,ses bijoutiers.En tournant à droite,par la rue OUQQASA,on peut pénétrer la MELLAH (quartier juif),comme il en existe dans la plupart des villes marocaines,où un marché aux puces attire du monde.Dans la rue des CONSULS(qui abritait les représentants étrangers au début du XXè s.), on peut voir un hôtel traditionnel (fondouk) et l'artisanat local: tapis réputés de RABAT ( R'BATIS),broderies,soies,cuivres et cuirs travaillés.On peut admirer aussi,non loin de là,de remarquables ouvrages au MUSEE NATIONAL DE L'ARTISANAT au 6 Tarik al Marsa.En face, on découvre le centre de production artisanal qui permet de constater la dextirité des spécialistes.A proximité de la KASBAH des Oudaîa, SOUK EL GHEZEL, autrefois marché de la laine,offre le spectacle d'une vente de tapis àla criée le jeudi matin.La MEDINA,aux influences évidentes hispano-musulmanes,ne présente pas l'interêt de celle de FES,mais posséde cependant un charme évident avec ses ruelles blanchies à la chaux,ses portes ornementées,ses balcons pittoresques permettant aux femmes de voir sans être vues.
LA KASBAH DES OUDAÏA:Appelée ainsi parce que le sultan MOULAY ISMAÏL (XVIIè s.) installa à l'emplacement de l'ancien RIBAT (forteresse-couvent) de redoutables guerriers descendants d'une tribu OUDAÏA,venue d'Arabie,vers le XIIIè siècle qui défendaient la ville.Une épaisse muraille,plusieurs fois consolidée depuis l'époque ALMOHADE où elle fut édifié,enserre la kasbah dont le bastion face à la mer possède encore quelques canons.On accède par la place EL GHEZEL pourt admirer la monumentale PORTE OUDAÏA du XIIè siècle décorée de caractères coufiques effacés par le temps et de représentations animales très exceptionnelles en ISLAM NORD AFRICAIN.Dans la RUE JAMAA,artère de la KASBAH, un renfoncement abrite la plus ancienne mosquée de RABAT, JAMAA EL ATIQA,élevée sous le régne de ABD EL MOUMEN, reconstruite plusieurs fois,notamment par un Anglais converti à l'Islam (XVIIIè s.).Plus loin,la plate forme du SANAPHORE permet de jouir du panorama (contrairement à la TOUR DES PIRATES inaccessible) et éventuellement de visiter une école de tapis dans un ancien entrepôt.Par la rue JAMAA, la RUE BAZZO conduit au JARDIN ANDALOU et au CAFE MAURE,célèbre pour l'extraordinaire vue sur SALE et l'embouchure de l'estuaire de l'océan.On peut en même temps déguster de délicieuses cornes de gazelles avec le thé à la menthe.Par le jardin,en longeant les bâtiments,on accède à un ancien palais abritant le MUSEE DES OUDAÏA où sont exposées la reconstitution d'un intérieur traditionnel marocain et les différentes collections artisanales comprenant bijoux,tapis,costumes,instruments de musique,ainsi que d'inestimables corans et manuscrits.
LA TOUR HASSAN ET LA MAUSOLEE MOHAMMED V:Symbole de RABAT,la TOUR HASSAN est le minaret de ce qui aurait pu devenir l'une des plus grandes mosquées du monde, pouvant contenir une armée entière.Elle aurait été apparentée à d'autres réalisations du sultan YACOUB EL MANSOUR: la KOUTOUBIA de Marrakech ou la GIRALDA de Séville.Mais elle resta inachevée à sa mort en 1199, avec une jolie tour massive et carrée de 44m au lieu de 80 initialement prévus,une aire de ce qui devait être une immense salle de prière de 180m sur 140 dont il subsiste,après un tremblement de terre et des pillages,que 312 colonnes enchâssées récemment dans un dallage.
En face,se dresse le tout vert du MAUSOLEE MOHAMMED V (où est enterré le père d'HassanII) gardé en permanence par des soldats.Il a été commandé à l'architecte d'origine vietnamienne VO TOAN (lauréat de l'institut de France).Il fut achevé en 1971 après utilisation de tout ce que l'artisanat arabo-andalou recèle de meilleur.Le sarcophage d'onyx blanc du sultan est placé au centre de la vaste chambre funéraire richement décorée,tandis que celui de son fils MOULAY ABDALLAH est dans l'angle.Les savants religieux (alim) se relayent afin de réciter les versets coraniques.Le MUSEE MOHAMMED V est consacré à la dynastie alaouite,de ses origines jusqu'à nos jours.
LE PALAIS ROYAL: Ce palais nommé DAR EL MAKHZEN (environ 2000employés y travaillent),qu'on ne peut voir que de l'extérieur,a été édifié à partir de 1864 et agrandi depuis à l'emplacement de celui du sultan BEN ABDALLAH, lequel est aussi à l'origine de la GRANDE MOSQUEE JAMAA ES SOUNA surplombant le grand méchouar du Palais.Il comprend divers bâtiments dont le cabinet royal,les bureaux du Premier Ministre,la Cour Suprême, la Collège Impérial, la Caserne royale,la Mosquée AL FAEH où se rend le roi afin de diriger la prière du vendredi,entre 12 et 13heures.L'enceinte du Palais possède sur l'AVENUE YOUCOUB EL MANSOUR en direction de Chellah,un fleuron de l'art almohade,EL BAB ER ROUAH ("la porte des vents"). Fortification défensive ornée par des arabesques et un bandeau où sont inscrites en caractères coufiques un verset sacré du CORAN, elle accueille des expositions.A proximité du Palais,l'université accueille plus de 20 000 étudiants,tandis qu'en face se trouve le quartier des ministères.
LE MUSEE ARCHEOLOGIQUE:A deux pas derrière la GRANDE MOSQUEE,la RUE AL BRIHI (face à l'hotel Chellah) abrite le musée des antiquités où sont exposée la collection la plus riche du MAROC: on y voit,entre autres, des documents provenants des fouilles archéologiques et constituant d'admirables témoignages de la présence de différentes civilisations,depuis la préhistoire au moyen âge islamique,en passant par l'antiquité.De très intéressants outils du Néolithique,des instruments,des monnaies, et des artisanats méditerranéens,phéniciens,romains,juifs,chrétiens,musulmans,etc...;des sarcophages, des reconstitutions d'habitats (maquettes) font partie des trésors du musée.Le clou de l'exposition est constitué par de merveilleux bronzes grecs et romains dont "l' Ephèbe verseur et l' Ephèbe couronné", "le chien aboyant", les bustes de "Juba II"...
NECROPOLE DE CHELLAH:Prendre la principale avenue (Mohammed V) jusqu'à la Place Jamaa Assouna.On se trouve en face de l'AVENUE YACOUB EL MANSOUR qui longe le PALAIS ROYAL.Cette avenue permet d'accèder à la porte sud de l'enceinte almohade RABAT BAB ZAER,celle ci conduit à la porte de la NECROPOLE fortifiée (XIVè s.) de CHELLAH, à 2km du centre ville,à l'emplacement de l'antique SALA COLONIA.L'endroit était guère accessible du fleuve, lorsque le lit de celui-ci ne s'était pas encore déplacé.Sur la porte l'inscription coranique en arabe "Je me réfugie en toi,ô mon Dieu,contre Satan le lapidé" est censé protéger les visiteurs des éventuels esprits malins.En effet, cet ensemble de belle architecture servit,après avoir été déserté pendant plusieurs siècles,de centre spirituel soufi et de cimetière des souverains Méridines comportant de nombreux sanctuaires,aujourd'hui en ruine.Les vestiges de la MOSQUEE ABOU YOUSSEF YACOUB du XIIIè siècle, tout comme la tombe de MOULAY ISMAÏL à MEKNES,est l'un des rares monuments religieux du MAROC visible par les non-musulmans.Elle est située près d'une source sacrée " AÏN MGADA " qui guérirait la stérilité des femmes.A côté, on peut remarquer la TOMBE DU "SULTAN NOIR", ABOU EL HASSAN, signalée par une plaque de marbre où sont inscrites des paroles sacrées du CORAN.Le célèbre surnom du sultan provenait de la couleur de sa peau qu'il hérita de sa mère originaire d'ABYSSINIE (Ethiopie).Il repose auprès de celle qu'il aima, une Anglaise convertie à l'Islam, CHAMS EL DOUHA ("Soleil du Matin").Une légende prétend qu'il commande les génies gardant les trésors cachés du CHELLAH.A présent,le site recouvert d'une dense végétation où se distinguent bananiers, oliviers, palmeirs, figuiers de barbaries.On admire aussi les cigognes perchés sur les vieux minarets, gardiens des morts.Certains prétendent que le site est le plus romantique du MAROC.